Voila un interview assez vieux par
cosmichiphop.comPour commencer, racontez-nous comment vous vous êtes rencontré.Anies : Moi, je rappais dans mon coin à l'époque où j'habitais à Cergy-Pontoise avec deux copines à moi, et puis pour dépasser le stade de la fille qui rappe dans sa chambre sur sa chaîne Hi-fi j'ai décidé de contacter le label DA System Productions car je savais qu'ils étaient bien plantés dans le business et j'aimais bien ce qu'ils faisaient, car leurs morceaux passaient sur Nova à l'époque, ça date d'il y a 5 ans environ... Ensuite, je suis venue ici, on a créé le contact, et après j'ai fais une compilation et c'est là que j'ai demandé à Patrick (Tepa) de m'aider sur scène étant donné que je n'avais aucune expérience scénique. Donc, il montait sur scène avec moi à travers toute la France et ensuite on a décidé de faire un groupe, parce que tous les shows qu'on montait sur scène, c'était des trucs à deux, lui il rappait avec moi, il faisait mes backs, moi je faisais ses backs et je rappais avec lui, c'est pareil... Voilà, après on a décidé de former un groupe.
Tepa : Ouais, donc c'est ça l'histoire, à la base y'a cette histoire de tournée et puis on s'est dit qu'on pourrait concrétiser ce concept scénique-là par le disque.
Anies : Je tiens à dire qu'en France et même aux Etats-Unis, même à travers le monde je pense, pour le moment des gens qui ont formé des disques en duo rap féminin/rap masculin n'existent pas donc nous sommes un concept inédit, mais à la base nous n'avons pas fait ça pour faire un concept inédit, ça s'est fait naturellement. Comme dans un couple, un homme qui aime une femme...
Tepa : (rires) Voilà, il n'y a pas eu de calcul. Parce que tu sais, on nous a demandé si on avait fait exprès de faire ça pour un concept calculé, c'est pas calculé, c'est naturel.
Anies : Bien entendu je suis la meilleure amie à Tepa mais bon lui c'est pas mon meilleur pote mais... non je rigole ! Donc nous sommes très amis aussi dans la vie, ce qui nous a vraiment très bien aidé pour notre soudure microphonique.
Tepa : Exactly !
Anies : Contrairement à beaucoup de groupes qui font du rap et qui se voient que pour le rap, qui sont pas amis dans la vie. Nous, voilà on démontre, on prouve le contraire, on traîne dans la vie ensemble, on va en soirée ensemble, on rigole ensemble... Parce qu'il y a beaucoup de groupe qui font style "ouais on est soudés" mais voilà c'est que le business, qui a pris le dessus sur l'amitié et sur l'amour de la musique... voilà, c'était une petite parenthèse.
Tepa : C'est vrai, c'est archi vrai ! (rires)
Qu'est-ce qui vous a amené à écouter du rap, puis à en faire ?Tepa : Le rap ça vient à la base de l'amour de la musique, enfin pour ma part, c'était il y a très longtemps... A l'époque c'était H.I.P.H.O.P., Sidney, on a vu l'émission, c'est arrivé, bon moi j'habitais même pas en France mais on captait l'émission et ça a choqué quoi tu vois, c'était Le truc, 80 et quelques je sais plus... On est tombé dedans, tout de suite, on a accroché la musique, la danse et tout, on était hyper jeune, direct on a accroché dans ce truc là. Ouais, on est resté bloqué là-dessus, jusqu'à maintenant...
Anies : Pour ma part, trêve de plaisanterie, j'ai pas connu la génération H.I.P.H.O.P., je regardais pas la télé, j'ai commencé à écouter du rap américain avec Public Ennemy, des trucs comme ça, et après j'ai écouté un peu de rap français, bon j'ai commencé avec NTM on va dire, voilà, et après comme j'ai écoutais, j'ai écoutais, j'ai écoutais du rap, je me suis dis "pourquoi moi je ne pourrais pas rapper ?" parce que je kiffais grave et voilà, c'est l'amour de la musique qui m'a poussé à devenir une rappeuse.
Et le fait d'être une fille, est-ce que ça changeait quelque chose ?Anies : Pour ma part, non, ça n'a rien changé, donc au départ, non, je me suis dis "ouais bin voilà j'ai envie de rapper" et puis de toute façon ouais il y avait déjà des rappeuses qui avaient sorti des trucs en France, je sais plus, y'avait Salia, B-Love... donc moi j'voulais rapper et bon c'est vrai par rapport au quartier où j'habitais avant, nous on était un petit peu à part, parce qu'on était trois filles et tout le reste du quartier, tous les rappeurs, c'étaient que des mecs. Donc voilà, nous on s'est mise à part, on les a pas trop calculé, eux non plus, c'est peut-être pour ça que j'ai contacté DA System et tout parce qu'on arrivait pas à sortir de notre élément. Sinon après, plus professionnellement, quand je suis arrivé dans le rap, à l'époque quand j'arrivais en studio avec Tepa, les mecs lui disaient "Pourquoi t'a ramené une meuf, on t'a dit de venir tout seul...", donc tu vois les mecs à chaque fois ils me regardaient vraiment d'un sale oeil, mais après on je rappais et il n'y avait pas de problèmes à ce niveau là je penses. Mais moi, être une meuf et tout, j'ai jamais eu vraiment de problèmes, mais je me suis pas trop posé de question, j'arrive, je fais mon taff et puis voilà, basta ! C'est t'aimes ou t'aimes pas, tu vois, je suis une meuf, je peux pas changer.
Tepa : D'ailleurs à ce propos, faut dire la vérité, le rap c'est un milieu de mec quoi tu vois, parce qu'il y a 90 % de mec, c'est la vérité, moi je me suis jamais posé de questions : "Ouais c'est une meuf et tout", pour moi, quelqu'un qui s'exprime, qui fait bien les choses, le fait d'être une meuf ça n'a aucune espèce d'importance.
Anies : Au contraire même ça apporte une richesse au groupe, parce que par exemple dans l'album on aborde des sujets différents on a deux visions différentes. Déjà, un mec, ça n'a pas le même vécu qu'une meuf, ça c'est clair, on a beau dire, les meufs elles ont beau faire les cailleras "Ouais, nin nin nin, j'ai dealé du shit...", non, ne me la fais pas à l'envers, tu vois, donc moi j'apporte une certaine sensibilité que j'ai en moi et lui il apporte une autre griffe donc je penses que c'est plus une richesse qu'une contrainte d'avoir une meuf dans un groupe ou d'être une rappeuse dans le rap français en général.
Tepa : Personnellement, pour ma part, je trouves qu'il devrait y avoir beaucoup plus de filles dans le rap, il n'y en a pas beaucoup et c'est bien dommage parce que ça fait avancer les choses. Pour moi, elles apportent un souffle nouveau, elles apportent une autre vision des choses donc effectivement le peu qui sont là, elles ont une tendance à vouloir se faire accepter absolument par les mecs au détriment de perdre un peu leur féminité, ça c'est un peu dommage. Il y a vraiment beaucoup de filles qui se disent "Ouais, il faut que je plaise à la communauté caillera, on va me jeter des cailloux en concert"... parce que ça se voyait avant, tu sais, nous on a connus aussi avec Anies, on a eu une histoire il y a longtemps.
Anies : Ouais, donc on rappait sur scène, nous notre show c'est DA System, donc D.Abuz, Les Spécialistes, Stor.K, tout l'monde sur scène quoi et arrivé à un moment, bon voilà on a fini le morceau, on est tous ensemble et il y avait un petit silence... Tout d'un coup j'entend "Tasspé" et tout, Tepa il fait "Ah ouais, qui c'est qui a dit tasspé ?" et le mec il fait "Ouais c'est moi", alors après Tepa il dit "Ah ouais Princess Anies c'est une tasspé ?!", parce que la meuf elle est dans le rap c'est une pute c'est ça... la meuf c'est une rappeuse, soit c'est une caillera, soit c'est une tasspé, elle peut pas être normale tu vois. Donc, voilà le mec il est venu, on a fait un clash direct, ça c'est Tepa qui a pris les initiatives : "On va voir maintenant qui froisse plus sur scène, si c'est toi ou si c'est elle !", donc le mec il a rappé, moi j'ai rappé, d'ailleurs c'est parti en couille, le mec il voulait plus descendre de scène. Par rapport à tout le public qui était là, à Nantes, il a super bien pris la chose, tout le monde m'a supporté, ils ont tous hué le mec, et moi ils étaient tous comme des oufs, voilà...
Tepa : Ouais, on nous a dit qu'on s'en rappellerait, qu'on avait bien fait.
Anies : Moi personnellement, j'ai prouvé que sur scène je savais prendre un micro, je savais rapper et c'est pas la peine de mépriser une fille parce que c'est une rappeuse.
Tepa : Ah ouais, ça y'a rien de pire pour me foutre en boule sur scène tu vois (rires) j'aime pas ce genre d'attitude, c'est clair, ça c'est le manque de respect du public français je veux dire...
Anies : Par rapport à l'immaturité des rappeurs, et même du public un peu, pour eux l'image de la femme, c'est soit une pute ou soit une femme respectable à partir du moment où c'est une mère. Donc à chaque fois c'est catalogué comme ça, dans toutes les chansons, c'est soit "Ouais, les tasspés je les kens, etc." ou sinon c'est "Oui ma maman je t'aime, ma s½ur je te respecte, etc.". Donc c'est vraiment un déséquilibre mental...
Tepa : C'est exactement ça. S'il y avait un psychologue qui pouvait s'intéresser aux phénomènes sociaux dans le rap, y'a de quoi faire ! Une anecdote par exemple, tu vois quand on arrive en studio, et ils vont avoir peur de parler à Anies, un gars il veut lui demander un truc et bin il parle à moi (rires) c'est quand même assez incroyable... C'est à dire qu'on est tellement dans l'image de soit la femme, on lui voue le respect parce que c'est une mère et qu'on peut même pas lui dire bonjour tellement on la respecte ou alors c'est la dernière des salopes, à ce moment là on lui parle mal et tout... Enfin, on arrive à des extrêmes, c'est complètement affolant, c'est incroyable.
Anies : Pour tous les rappeurs qui traitent les filles de putes, c'est un complexe, une frustration par rapport à la femme, soit ils se sont fait mettre à l'amende. Ils veulent jouer les viriles, les machos, et ça les amène à quoi ?
Tepa : Ouais, je pense qu'ils essayent d'affirmer leur virilité en traitant toutes les femmes de putes. En plus, souvent ce genre de mecs, comment ils se font mettre à l'amende par les meufs en général tu vois ce que je veux dire. Ou alors ils sont hyper frustrés parce qu'ils s'en font aucune et ils arrêtent pas de dire "ouais c'est des salopes, des salopes, des salopes" mais ils s'en font aucunes... même les salopes elles veulent pas d'eux !! (rires) Faut que ça se calme ce côté là, je soutient les femmes !
Anies : Tu sais, même des filles comme Roll-K qui revendiquent le côté tasspé, je penses que c'est un petit plus, parce que elle au moins elle se ment pas à elle même, je trouves ça assez respectable, elle est vraie. Chacun est comme il est et elle, elle est ce qu'elle est et elle le dit en plus, voilà..
Tepa : Ouais, j'suis d'accord (rires)
Concernant l'album, vous avez mis combien de temps à le faire ?Tepa : On l'a fait en deux temps en fait cet album, six mois je pense.
Les productions sont toutes signées Mysta D, comment se sont passés les choix ?Tepa : Dans un premier temps on avait des thèmes et on a cherché des instrus qui allaient avec et dans la seconde partie les instrus étaient là et on a écrit directement, de manière spontanée, en studio...
Anies : Ouais, lui en fait (Mysta) il prépare son son en studio, il fait tourner ça en boucle et nous, on trouve un thème - qu'on a peut être déjà dans la tête - voilà, on écrit par rapport à ça et on fait toutes les petites finitions en studio, au niveau des refrains, au niveau du concept du morceau...
Comment se fait-il que Mysta D soit le seul producteur de cet album ?Tepa : C'était une question un peu technique, on avait pas trop le temps d'en contacter d'autres. Sur le prochain, ça va changer.
Anies : Même, on peut dire aussi que c'est notre producteur attitré, c'est le DA System... Pour notre premier projet, afin d'affirmer notre groupe on a aussi besoin d'avoir vraiment les mecs de notre groupe avec nous, pas 30 000 featurings, pas 10 000 producteurs. Donc voilà, ça c'est notre carte de visite.
Justement, en ce qui concerne les featurings, vous n'avez fait appel qu'à des amis ?Anies : On se connaissait déjà en fait. Tous les featurings ça s'est fait par affinité, on leur a parlé vite fait, on leur a dit "Ouais, on fait notre album...", ça s'est fait vraiment la veille "Allo, est-ce que tu peux passer au studio demain ?"...
Parlez-nous des thèmes que vous avez abordé sur votre premier album ?Anies : Par rapport à cet album là, les thèmes qu'on a choisis, il y a un peu d'égotrip parce qu'on est quand même un groupe hardcore un petit peu tu vois qui est assez technique donc on essaye de renouveler les flows, la technicité, on trouve ça super important pour un groupe de rap. Et sinon c'est vraiment des sujets qui nous tiennent à c½ur, comme "Les fleurs du mal", "Mon venin", "Imagine" et tout, ce genre de sujet qui nous viennent du c½ur, on a envie d'exprimer un certain malaise on va dire, c'est du déjà entendu mais bon c'est pas grave... Sur cet album, on est loin d'avoir tout exploité, c'est vraiment un premier jet, parce qu'on a vraiment beaucoup d'autres choses à dire, ce qu'on a pas pu dire sur ce disque là. [...] Cet album est sorti il y a un an, donc nous aussi on a pris de la maturité au niveau des flows et au niveau des textes, voilà, on se remet souvent en question, on travail au maximum...
Et pour le prochain ?Anies : Il sonnera pas du tout comme celui là, ça c'est clair ! Au niveau des flows, des sujets, au niveau des sons aussi, vu qu'on va diversifier avec d'autre producteurs comme Sully Sefil, Sully B, Abuz aussi, il y aura pas mal de monde. Ceux qui seront à la production comme les invités, comme on est un groupe un peu spécial, c'est vraiment des gens qu'on apprécie humainement avant tout, c'est pas pour le business "ah ouais lui c'est une star alors on va faire un featuring avec lui, lui il a produit NTM alors on va faire ça avec lui...", c'est pas ça. Nous, c'est vraiment on rencontre les gens, on s'entend bien avec eux et on travail avec eux. S'il n'y a pas de contact positif, humain, ça passe pas.
Et pour la suite, qu'est-ce qu'il y a de prévu ?Anies : Là prochainement, on rentre en studio pour un 6 titres des Spécialistes avant l'album et avant mon solo. Par rapport aux sorties on sait pas trop comment ça va se passer, parce qu'il faut trouver les deals, et puis il y a des problèmes de distributions... Mais bon en ce moment 'on est en train de faire le 6 titres qui sera donc suivi du deuxième album et ensuite il y aura d'autres projets comme mon solo, comme "L'Armada n°2", comme Abuz qui va prépare ses solos comme il s'est mis à la production, il fait beaucoup de choses aussi avec un concept Ricardo Malone, donc en fait c'est un concept hardcore X on va dire, il fait des trucs un peu de cul, ce qui lui va bien vu que dans la vie il est comme ça, et il y a Mysta D qui prépare aussi sa mixtape, Stor.K qui prépare ses choses également... donc voilà, il y a plein de choses qui vont arriver. Après, faut avoir le temps et les moyens de les sortir en temps et en heure, c'est tout !
Et sinon entre vous, le DA System, ça se passe comment dans la vie de tous les jours, vous traînez beaucoup ensemble ?Anies : Ouais, ouais, on est souvent ensemble dans la vie quoi. Bon Tepa et moi c'est encore autre chose, on est vraiment ensemble dans la vie, on fait souvent des trucs ensembles, on part en week-end aussi. Et même avec les autres on est très proches...
Tepa : Et puis aussi quand tu travailles comme ça longtemps, même avec les partenaires comme les ingénieurs du son, tu essayes de travailler avec les mêmes gens, en studio tu sais t'as ton réseau et tout... Tout le monde fait comme ça. Après, ça veut pas dire qu'on fait pas de collaborations avec d'autres personnes, mais c'est avant tout la collaboration humaine.
A ce propos, comment vous avez trouvé l'accueil de votre premier album?Anies : L'album a été super bien accueilli, suite à ça on fait ça beaucoup de concerts, il est sorti juste après celui de D.Abuz System donc on a fait de la scène ensemble, ça s'est bien passé quoi, on a eu pas mal de presse, tout le monde nous a soutenu mis à par certaines radios nationales mais voilà quoi... Au niveau du public, ça s'est vraiment bien passé quoi, les gens ont bien kiffé et ils attendent un deuxième album, donc ça fait très plaisir.
Anies, parles-nous un peu de ton premier album solo en cours de préparation.Anies : Donc voilà, moi actuellement, je suis en train de préparer mon album solo, je suis en train de maquetter et dessus il y aura pas mal de featurings, pas mal de gens aussi à la production et je vais y aborder des sujets bien sûr plus personnels, qui me tiennent à c½ur, et que certains et certaines n'ont pas abordé jusqu'à présent...
Qui pourrons-nous entendre à la production ?Anies : Il y a aura Funky Maestro, Sully Sefil, Mysta D bien sû, Abuz aussi, et Cash Agence (Tony Fresh, le producteur de l'S.Kadrille). J'ai déjà maquetté une quinzaine de morceaux et il y aura sûrement d'autres producteurs qui vont s'immiscer dans le projet. Pour l'instant, je cherche une signature, je fais le tour des maisons de disques pour voir qui ça peut intéresser. Pour le premier album, c'était Les Spécialistes en licence chez BMG et donc moi ce qui m'intéresserait plus ce serait une signature en artiste, s'il y a un bon deal en licence... tu vois, même un indépendant ça me plairait bien quoi, tout dépend ensuite du deal, si eux ils ont confiance en moi, s'ils veulent faire un gros projet, donc voilà...
Ce n'est pas si évident de trouver une signature ?Anies : Ouais, faut pas croire que comme on est à Paris c'est super facile, le rap ça signe plus vraiment beaucoup mais donc c'est sûr que je vais pas claquer des doigts, que tout le monde sera à mes pieds, ça c'est sur que non. Moi pour le moment j'ai pas encore pris de rendez-vous en maison de skeud et tout donc là je vais commencer à démarcher un petit peu, donc on va voir les résultat. Tout n'est pas perdu, tout n'est pas gagné... il faut toujours se battre, même si j'ai déjà sorti un album Les Spécialistes et que je vais ressortir un deuxième truc avec Spécialistes, faut se battre !
Concernant ton album justement, parle-nous des invités, tu va mettre en valeur le rap féminin ?Anies : Alors sur mon album je sais pas encore quels featurings il va y avoir mais j'essaye de booster un petit peu certaines rappeuses, parce que je sais que c'est petit peu difficile de rentrer dans ce mouvement. Donc voilà, je vais faire sûrement des featurings prochainement, je sais pas si ça va être sur mon album mais bon Kayna Samet c'est une meuf de Nice dont je suis le parcours depuis longtemps, anciennement appelée Volupté et il y a aussi une meuf qui déchire pas mal qui s'appelle Daisy, du 93, elle est pas mal. Et normalement sur mon album, il y aura sûrement des morceaux avec plusieurs rappeuses parce que je suis pas contre les rappeuses...je respecte leur travail. Parce que les rappeuses elle se tirent souvent dans les pattes, il y a de la concurrence à deux francs et tout, mais moi je suis pas du tout dans ce trip là, si tu rencontres d'autres rappeuses tu verras, je m'entends super bien avec tout le monde, je me prends pas la tête : "ouais elle a dit ci dans ses textes, elle parle de moi, etc." J'essaye d'être au dessus de ça. Justement, cette fausse guerre elle est souvent montée par les groupes dans lesquels elles sont, parce que c'est souvent les mecs autour d'elles qui disent "ouais, regarde elle est plus forte que toi, etc." donc ça créé des jalousies... vous connaissez les langues de vipère, c'est comme ça, les filles elles sont comme ça, je suis pas dans ce délire là... J'aimerais bien quand même participer avec plusieurs filles sur pas mal de projets...
Et toi Tepa, tu as un projet solo en vue ?Tepa : Ouais j'ai un projet aussi, on est très productifs! On n'arrête pas de produire... ouais, je prépare aussi un solo qui va sortir "je sais pas quand".
Le mot de la fin ?Anies : Ouais, donc on voudrait passer un big up à la Réunion, et à la Suisse aussi... Des villes et des pays qu'on oublie souvent, on croit que la capitale du rap c'est Paris, ou Marseille, mais il y a du rap francophone ailleurs... Donc même à Abidjan, partout, un gros big up à l'Algérie, partout partout... Et ça fait plaisir que le rap s'accroît comme ça ! Un big up à toutes les générations qui ont ouvert des portes au mouvement français underground parisien ainsi qu'à tous les Dj's, Dee Nasty et les autres...